Le "statut" d’artiste

Des outils ou des parasites

L’actualité est préoccupante pour les artistes et, globalement, pour toutes les populations fragiles. Il ne s’agit pas seulement d’une remise en question de l’état providence, via les allocations de chômage et autres mais plus largement, d’une priorisation des dépenses de l’état où les plus faibles semblent associés à des parasites…

Économies sur le chômage et les régimes particuliers pour certaines catégories que l’on a un jour estimées comme prioritaires.

Désinvestissement dans les services publics (justice, pompiers, CPAS, …).

Acceptation du principe qu’il faut rassurer les marchés, quitte à affaiblir son économie et la cohésion sociale de son territoire… (V. la question du TSCG).

Nous demandons des réponses !

Le resserrement des critères d’obtention des allocations de chômage (augmentation du cachet minimum journalier, révision des règles de calcul du cachet en équivalent jours et révision du calcul du montant des allocations, exclusion de certaines professions du régime) nous est présenté comme un double progrès :

- d’une part parce qu’il cadre mieux l’ONEM dans son travail de contrôle (ce qui revient à avouer que des abus ont été commis) et parce qu’il évite les abus du secteur ;
- d’autre part, parce qu’il revaloriserait le « statut » toujours inexistant des artistes.

Sur le premier point, d’abord, outre l’aveu d’abus qui se trouve en creux dans cet argument, j’invite quiconque à lire le texte qui est sur la table et à se prononcer sur sa clarté et son univocité… Il s’agit, encore une fois, d’un texte écrit à la hâte, qui oublie – volontairement ou non – un grand nombre de réalités.

De plus, on nous explique sans cesse que des abus sont commis. Nous exigeons, sur ce point des statistiques claires de l’ONEM :

- combien de personnes bénéficient de ce régime ?
- Quel est le montant d’allocation qui leur est attribué annuellement ?
- Combien de jours de contrat déclarent-elles par an ? (combien y en a-t-il par exemple qui ne travaillent que 3 à 10 fois / an, 10 à 20, etc.)
- Quelles charges sociales reversent-elles à la collectivité, quels impôts payent-elles ?
En bref, y a-t-il des abus et dans quelle catégorie ?
S’il s’agit des jeunes artistes, sont-ce des abus ou une carrière qui commence lentement ? Quel est le profil de ces abuseurs ?

Il nous semble étonnant, voire choquant, que la collectivité des artistes paie les abus de certains sans que les services publics compétents et qui ont les chiffres en main n’identifient clairement les auteurs de ces abus.

Enfin, nous sommes persuadés que l’état ne perd pas tant qu’il le prétend sur ce régime propre aux artistes. Et les bénéfices sociaux et culturels ne peuvent être oubliés par les pouvoirs publics, sans quoi, la culture deviendra une menace pour eux… C’est la naissance d’une forme de totalitarisme dont il s’agit ici.

En ce qui concerne une soi-disant revalorisation du « statut »… Nous nous étonnons que cet argument soit avancé » alors qu’il est de notoriété publique que l’ensemble des autres niveaux de pouvoir réduisent les budgets alloués à la culture (de façon régulière depuis plus de dix ans, si l’on prend en compte l’inflation).

Le message qui est envoyé est donc : vous serez payés plus avec moins de moyens, ce qui réduira la précarité et augmentera votre reconnaissance…

Ce raisonnement ne tient pas. Est-il besoin de l’expliquer ?

Pour les techniciens et artistes, cela signifie donc non seulement une précarisation mais un retour forcé au travail en noir.

En conclusion

Nous souhaiterions prendre du recul par rapport à la problématique des artistes.

Ce qui est en question ici, alors que nous sommes en crise en termes de moyens structurels de l’état, c’est l’ensemble des régimes d’exception qui ont été créés pour lutter contre la précarité et favoriser des priorités de politiques publiques (la cohésion sociale, l’accès à l’emploi des plus faibles, la création artistique et la culture, etc.).
On pourrait s’étonner que ce soit un gouvernement avec une participation socialiste qui s’attaque à ces régimes d’exception au moment où ils pourraient être les plus utiles…

Notre impression est surtout que l’on s’attaque aux plus faibles et aux « marginaux »…

Combien de demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés ont été exclus ces derniers mois et quelles étaient leurs chances réelles d’obtenir un emploi alors que la concurrence sur le marché du travail est telle ?
Combien de mères et de pères célibataires se sont vus refuser les allocations complémentaires de chômage alors que leur situation leur interdit de travailler plus qu’à mi-temps ?

Combien d’artistes qui ne travaillent pas « sur scène » (metteurs en scènes, techniciens…) se sont vus refuser des allocations alors que leurs métiers sont essentiels pour la création artistique ?

Vous oubliez que ces régimes d’exception ont été créés pour permettre l’émergence d’un certain modèle de société. Nous voulons croire que cela faisait écho à une vision politique.

Vu ce qui a été exposé ici, nous voudrions que vous, pouvoirs publics, administrations et politiques, nous disiez quelle place vous donnez à ces gens exceptionnels par leur courage, leurs passions et leurs combat.

S’agit-il de les définir comme des parasites et de les pousser un peu plus vers la marge ?


Voir en ligne : Site de NO CULTURE

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