Le couloir

Dans le couloir de l’étage, une série d’oeuvres d’art brut sont posées sur des toiles clouées à même le mur et qu’elles débordent largement. On y rencontre les stigmates, les rêves et les déceptions de patientes et membres du personnel dans une expression artistique d’une rare qualité et d’une rare intensité...

Nous étions là pour créer. La création nous situe du côté de la vie. Après, il n’y a pas de forme préétablie et de message prédéfini. L’important est de dire, de se dire par l’écrit, le geste, le mouvement, d’oser laisser venir, de s’y sentir autorisé. Il s’agit de création dans l’urgence, l’urgence de ce qui surgit, de ce qui vient et s’impose. C’est une possibilité, une tentative d’exister devant la toile, sur la toile et avec la toile. Chaque toile est comme une fenêtre qui déborde de ressenti, de parole et de vie.

Ces oeuvres s’inscrivent dans un atelier d’expression visant par la création artistique à faire l’expérience d’autres canaux de communication, d’autres modes de rapport à l’autre, au monde et à soi. Nous avons appelé ces ateliers « module ». Chaque module est l’exploration et la découverte d’une nouvelle technique artistique.

Les oeuvres qui vous sont présentées dans le couloir résultent de la collaboration entre personnes hospitalisées participantes au module, animateurs et le peintre Thierry Robrechts. Il y a eu rencontre préalable, moment de parole, d’échange, d’interrogation. Ça ne se fait pas comme ça une rencontre. Ça prend ou ça ne prend pas. On peut tenter de créer les conditions en accueillant l’autre, en le considérant dans sa singulière altérité, en portant toute l’attention que méritent ses dires et ses non-dits, ici et maintenant, face à l’autre.